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Qu’est-ce que la SAJM ? - Abbé Brocard

  • il y a 1 jour
  • 10 min de lecture

Chers fidèles, avant de vous dire quelques mots sur le mystère de l’Église, et plus psécialement l’un des aspects les plus graves de la crise que traverse actuellement l’Église, permettez-moi de vous présenter, en quelques mots, notre société sacerdotale, la Société des Apôtres de Jésus et Marie.


Qu’est-ce que la SAJM ?


Le 21 novembre 2017, Monseigneur Christian Jean Michel Faure promulguait les statuts définitifs de la Société des Apôtres de Jésus et Marie, société sacerdotale de vie commune sans vœux.


En faisant cela, Monseigneur ne voulait que continuer l’œuvre de Monseigneur Lefebvre : la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, afin de pouvoir dire lui aussi ce que Monseigneur voulait voir gravé sur sa tombe : Tradidi quod et accipi.


Pourquoi avoir dû se séparer de la FSSPX et fonder une société - non pas nouvelle ni différente mais autre - pour continuer l’œuvre de Mgr Lefebvre ? C’est que malheureusement les successeurs de Mgr Lefebvre se sont écartés de la ligne de conduite qu’il leur avait donnée, sur plusieurs points :


  • Les rapports avec les autorités conciliaires. Mgr avait clairement établi, après avoir tout essayé, qu’il ne pouvait y avoir d’accord pratique avant un accord doctrinal. En clair, il fallait attendre que les autorités conciliaires se soient converties avant de se remettre entre leurs mains.

  • La distinction entre Eglise catholique et église conciliaire.

  • Le doute sur la validité des sacrements donnés par les prélats de l’Eglise conciliaire, en raison de l’intention. Ce doute a conduit Mgr à réordonner les prêtres ordonnés dans le nouveau rite avant de les envoyer aux fidèles, afin de ne prendre aucun risque sur la validité des sacrements qu’ils donneraient aux âmes. C’est aussi l’argument majeur qui l’a conduit à consacrer 4 évêques sans mandat pontifical. « Vous savez bien, mes bien chers frères, qu’il ne peut pas y avoir de prêtres sans évêque. Tous ces séminaristes qui sont ici présents, si demain le Bon Dieu me rappelle – et ce sera sans doute sans tarder – eh bien, ces séminaristes, de qui recevront-ils le sacrement de l’ordre ? Des évêques conciliaires, dont les sacrements sont tous douteux. Parce que l’on ne sait pas exactement quelles sont leurs intentions. Ce n’est pas possible. » (Homélie de la messe des sacres.)

  • Le rejet du nouveau code de droit canonique, (étant sauf les décisions disciplinaires).


Sur touts ces points, la FSSPX a maintenant une nouvelle manière de faire.


Pour autant, peut-on être associé avec ce que l’on a coutume d’appeler la Résistance ? Il est indéniable que Mgr Faure a reçu l’épiscopat de son Excellence Mgr Williamson, et que – surtout en France – la SAJM (tout comme les Dominicains d’Avrillé) sont souvent unis à ce mouvement par les fidèles.


Cependant, nous nous en différencions sur plusieurs points.


  • La Déclaration de Mgr Marcel Lefebvre du 21 novembre 1974 est la charte de notre résistance, la déclaration de fidélité aux positions de la Fraternité en est le règlement ou l’application ; Or plusieurs prêtres de la dites Résistance s’en sont écarté. Dans cette déclaration de fidélité, Monseigneur demandait au candidat au diaconat de s’engager à trois choses : prier publiquement pour le pape régnant, le citer au canon de la Messe (una cum papa nostro…), et finalement l’acceptation de la liturgie de 1962.

  • Monseigneur n’a jamais ordonné de séminaristes sans être intégré dans une structure. Il ne voulait pas faire de prêtres indépendants.


Plusieurs prêtres ou évêques de la Résistance pensent ne pas devoir suivre Monseigneur sur ces points.


Ce qui fait notre raison d’être, ce n’est pas la lutte contre telle ou telle société sacerdotale ou religieuse, c’est de demeurer fidèles à l’Église de toujours. Or cette fidélité, dans la pratique, s’incarne en suivant l’exemple et le combat de Mgr Lefebvre, que la Providence nous a suscité comme guide pour nous y maintenir. Nous n’aurons donc de crédibilité que tant - et qu’autant (dans la même proportion) - que nous serons fidèles à la pensée et l’héritage de Mgr Lefebvre, à son combat. Ce que les fidèles attendent de nous, c’est que nous continuons l’opération survie de Mgr Lefebvre.


Que Notre Dame nous aide tous à être intégralement fidèle à l’héritage que Mgr Lefebvre nous a légué, à son combat, à son esprit.


Conférence


Les hérésies attaquent tout à tour les différents dogmes de notre Foi. Aujourd’hui, c’est l’Eglise qui se trouve plus spécialement attaquée par le modernisme, cet égout collecteur de toutes les hérésies. Les modernistes, par leur œcuménisme, nient qu'il n'y ait qu'une seule Église qui détienne la vérité et puisse nous conduire à Dieu ; et par leur collégialité, ils attaquent la constitution même de l'Église. Il nous faut donc étudier plus attentivement ce mystère de notre foi.


Du premier pouvoir de l’Eglise, le pouvoir de commander – la Juridiction


Dès le commencement, Dieu a voulu que l'homme soit sauvé par et dans une société, chargée de l'instruire, de le diriger et d'offrir des sacrifices pour lui. Une société structurée et hiérarchisée, pour lui enseigner la vérité et éclairer son intelligence ; pour le guider et redresser sa volonté rebelle et l’aider à faire le bien et éviter le mal ; et enfin, pour offrir des prières et des sacrifices à Dieu en son nom, afin d'obtenir pour lui les grâces dont il a besoin pour se sauver.


Au commencement, c'était les patriarches qui exerçaient ces fonctions ; puis, avec Moïse, nous avons la tribu de Lévi, avec la famille d'Aaron comme grand prêtre ; et enfin, l'Église, avec la distinction entre les fidèles et les clercs et, parmi les clercs, une hiérarchie.


Le problème auquel nous sommes confrontés aujourd'hui avec la crise de l'Église, c’est que les autorités de la sainte Eglise sont imbus des thèses modernistes déjà condamnées par les papes précédents. Nous ne pouvons plus leur faire confiance ni nous soumettre les yeux fermés, car il y a un risque de damnation. Alors comment faire ?


1) Les fidèles doivent avoir le sens de la hiérarchie de l'Église


Pour l'existence de cette église conciliaire, distincte de l’église catholique, cf. à l’excellent article écrit par Mgr Tissier de Mallerais. Si nous voulons être très simples, disons qu'il suffit de regarder leurs fruits pour voir que nous avons affaire à deux églises différentes : quand nous voyons deux sortes de fruits, nous concluons qu'ils proviennent de deux arbres différents. Les autorités modernistes changent tout : elles ont une nouvelle messe (protestante), une nouvelle doctrine : la dignité humaine, un nouveau Notre Père, un nouveau Chemin de Croix, un nouveau Rosaire, un nouveau droit canonique, un nouveau type de sainteté (Mère Teresa de Calcutta, Jean-Paul II), de nouvelles vertus (la charité est remplacée par la fausse bienveillance, la foi par un sentiment religieux, l'espérance du Ciel par la construction d'un paradis sur cette terre). Elles changent la doctrine du Christ-Roi par la liberté religieuse, la conversion des âmes par l’œcuménisme, et la constitution monarchique de l'Église par la collégialité.


Personne de bonne foi ne peut nier la crise que traverse actuellement la Sainte Église. Mais Dieu veut que nous sauvions nos âmes, même maintenant ; et l'ordre voulu et fixé par Dieu ne change pas : si nous voulons sauver notre âme, nous devons rechercher une autorité catholique à laquelle se soumettre, qui nous enseigne et nous guide, et de laquelle nous recevrons la grâce.


Malheureusement, la plupart d'entre nous ne recherchent que des sacrements valides, et c'est tout ! En matière d'instruction, nous soumettons tout au jugement de notre intelligence limitée. Personne ne cherche à se soumettre à une quelconque autorité : nous n'avons jamais eu autant d'esprit d'indépendance qu'aujourd'hui. Ou bien, nous nous soumettons tant que nous sommes d'accord, mais dès que nos sentiments sont blessés, c'est fini !


La plupart des fidèles, lorsqu'ils cherchent une église où aller, se soucient uniquement de savoir si les sacrements y sont valides. Comme s'ils étaient sauvés ipso facto par la réception des sacrements…


Et nous pensons pouvoir sauver notre âme ainsi !


Les adeptes de l'arianisme ont aussi reçu des sacrements valides : combien se sont sauvés et sont au ciel ? S'ils sont morts ariens, aucun. Absolument aucun.


Ce que nous, fidèles et prêtres, devons donc rechercher, c'est une autorité qui nous enseigne la vraie doctrine et à laquelle nous pouvons nous soumettre afin d'aller au ciel. Combien d'entre nous ont vraiment cette attitude ?


Son Excellence Mgr Tissier de Mallerais, dans la conférence qu'il a donnée sur la juridiction de suppléance (10 mars 1991) insistait sur ce point : « Vous, fidèles laïcs, hommes et femmes, vous avez le devoir de demander à vos prêtres traditionnels et à vos chapelles l'ensemble du ministère sacerdotal qui s'exerce normalement dans une paroisse. Vous avez le devoir de demander tous les ministères sacerdotaux qu'ils sont en mesure de vous fournir. Il est de votre devoir de vous confier entièrement à vos prêtres traditionnels. Vous ne devez pas vous contenter de leur demander une messe, un baptême ou un sermon, et c'est tout. Si tel était le cas, vous paralyseriez le prêtre. Il ne peut exercer son ministère dans toute sa plénitude dans de telles circonstances. » et plus loin « Il doit y avoir de la part des laïcs une soumission volontaire au clergé. Ils doivent sentir le besoin que leur âme dépende totalement du ministère sacerdotal dans toute son amplitude. Je pense que c'est une exigence du sens de l'Église. Si vous avez le sens de l'Église, c'est-à-dire le sens de la hiérarchie de l'Église, vous le comprendrez. »


Prêtres et laïcs, devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous soumettre à l'autorité vraiment catholique, et ne pas nous contenter de rechercher des sacrements valides et la doctrine catholique. Lorsque l'on cherche une chapelle traditionnelle, il ne faut pas seulement se demander : « Les sacrements sont-ils valides ? Le sermon sera-t-il catholique ? », mais aussi, et surtout : « Y aura-t-il ici un représentant de Dieu à qui je pourrai confier la direction de mon âme et celle de mes enfants, afin qu'il me conduise au ciel ? »


Prenons une comparaison pour mieux comprendre. Et comme nous sommes soldats du Christ-Roi, faisons une comparaison avec la guerre.


Si, en temps de guerre, un général envoie plusieurs commandos en mission, chacun sous le commandement d'un capitaine, et si, pendant la mission, le général les trahit et passe à l'ennemi, comment les soldats doivent-ils réagir pour le bien de leur pays ?


Doivent-ils se séparer pour mener à bien la mission comme ils l'entendent, même s'ils n'ont reçu aucune formation pour cela et ne connaissent pas les plans ? Bien sûr que non, ce serait du suicide.


Ils se tourneraient vers le capitaine, qui a reçu une formation et des instructions, et continueraient à lui obéir pour le bien de la mission, à moins qu'il ne montre lui aussi des signes de trahison.


S'ils allaient voir le capitaine et lui disaient : « Tout ce que nous vous demandons, c'est de nous donner à manger et des munitions, mais surtout, ne nous donnez pas d'ordres », quel serait le résultat de la guerre ? Perdue.


2) La soumission : quels critères doivent guider le choix d'un catholique ?


Mais ici se pose la question suivante. Comment choisir notre supérieur ? La soumission, oui, mais pas aveuglément à la première personne qui se présente. Tous les prêtres ou évêques qui prétendent résister au modernisme ne peuvent pas obligatoirement nous guider vers le Ciel. C’est hélas une triste réalité de constater que certains prêtres ne se sont opposés aux autorités de l’Eglise que par esprit d’indépendance, afin de pouvoir faire ce qu’ils veulent sans contrainte ni limite.


Regardons un premier signe qui ne trompe pas. Si le prêtre commence d'abord à pratiquer ce qu'il prêche : qu'il se soumette d'abord lui-même à une autorité. Méfiez-vous des prêtres indépendants ! Méfiez-vous surtout des jeunes prêtres indépendants, ceux qui ont fréquenté un séminaire avec déjà l'idée d'être indépendants. Mgr Lefebvre n'a jamais, jamais soutenu ni même ordonné ce genre de prêtres ; ils n'ont pas l'esprit de l'Église.


Alors, comment choisir ? Prenez les trois choses que vous devez recevoir de l'Église, puis appliquez-les :


- La doctrine. Assurez-vous qu'il vous transmet la Tradition ; et demandez-lui, si nécessaire, ses références au Magistère des papes avant le concile Vatican II.

- Des sacrements valides. Ne prenez aucun risque. Les sacrements sont la principale source de grâce. Vous n'avez pas le droit d'exposer vos enfants à des sacrements douteux, il en va de leur éternité. Ainsi par exemple, aujourd’hui plus que jamais, nos enfants ont besoin de recevoir le sacrement de confirmation de façon valide, afin d’être des témoins de Notre Seigneur dans ce monde apostat. Que penserait-on d’un général qui enverrait ses hommes au combat, en les armant de fusils qui marchent douteusement, et qui ne s’en soucierait pas plus que ça ?

- Une direction sûre. Quelqu'un qui vous guidera fermement, sans devenir un gourou. Là encore, quand on est un prêtre indépendant et isolé, il est facile de devenir un gourou pour les âmes !


3) L'attitude Je choisis à la carte est un esprit protestant, qui stérilise toutes les grâces des sacrements


Passer de chapelle en chapelle, et d’une société sacerdotale à une autre, c’est se prendre comme son propre guide dans les voies spirituelles. On est sûr de manquer la sainteté, et peut-être le ciel. Dans cette crise, il est devenu plus difficile de sauver notre âme. Nos deux ennemies les plus dangereux seront notre sensibilité, et notre rationalisme. Elle engendre l'attitude « pick and choose » qui stérilise toutes les grâces des sacrements.


  • Notre sensibilité : une attitude que l’on juge blessante, une remarque que l’on trouvera offensante, peuvent nous éloigner du prêtre – voire d’une chapelle – pour nous pousser dans les bras de personnes, certes beaucoup plus aimables, mais qui n’ont ni la science pour nous guider, et douteusement le pouvoir de nous donner la grâce. Entre un chirurgien tout souriant, mais qui n’a que peu étudié (ou dans des mauvais livres), et un chirurgien, peut-être bougon mais qui connaît son métier : à qui confieriez-vous votre enfant pour être opéré ?

  • Notre rationalisme : il nous faut comme toujours éviter deux extrêmes : celui qui prétends que la foi du charbonnier sauve et suivra les yeux fermés, - et le laïc qui, après avoir lu trois livres de doctrine, s’auto-proclame docteur de l’Eglise, et se donne la mission de critiquer tous les prêtres et évêques et de propager ses thèses comme étant La seule position vraie dans cette crise de l’Eglise.


Etudions, soyons humble, supplions Dieu de nous donner des prêtres et des évêques bien formés qui sauront nous guider dans cette crise, et quand nous avons la grâce d’en trouver un, restons fidèle. Et s’il nous semble que nous devons changer, prenons garde que ce ne soit pas une réaction émotionnelle, et vérifions que notre jugement est enraciné dans la Tradition de l’Eglise.


Conclusion


Chers fidèles, au séminaire, nous travaillons chaque jour à former des prêtres qui vous aideront à sauver vos âmes.


Aidez-nous dans cette belle œuvre ! Cette œuvre est essentielle à la survie de l'Église et au salut des âmes !


Comment pouvez-vous nous aider ? En priant pour nous, et aussi en demandant des vocations au Ciel par des prières insistantes.


Et, pour ceux qui le peuvent, en apportant une aide matérielle au fonctionnement quotidien du séminaire.


Pour plus d’informations et pour d’autres conférences doctrinales et spirituelles, rendez-vous sur le site web du séminaire : https://seminariodomlefebvre.com/seminario/


Abbé Brocard

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